lundi 4 mars 2019

Nuit infinie

nuit infinie

Comme une chauve-souris énorme,
La nuit qui fascine et qui alarme
Ferme ses ailes sur le ciel en deuil,
Roides comme les planches d’un cercueil,
Et éteint le soleil sans lumière
Ainsi qu’une bougie d’anniversaire
Dont la fumée est un étrange encens
Qui attire maints monstres puissants,
Maintes improbables créatures
Et des choses indicibles et obscures
Qui nous tourmentent sans mots et sans bruit !
Comme un vieil arbre de ses lourds fruits,
Elle est appesantie de ses mystères
Et de ses spectres errants et austères
Qui s’en vont, décrépits et abhorrés,
Et couverts de leurs linceuls déchirés !

Douce aux sages, cruelle aux misérables,
La nuit est une encre formidable
Qui noircit les pages du monde écrit
En lettres sombres, et qui nous sourit
Aussi impassible que la Joconde,
Mer sans ports, sans vaisseaux et sans ondes
Qui ferait mourir Ulysse et Jason
Et cache Pénélope et la Toison.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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