lundi 2 juillet 2018

Les pleurs d'une bougie

Les pleurs d'une bougie

La bougie, seule dans l’ombre,
Comme la veuve et l’orphelin,
Pleure des larmes sans nombre
Dont son œil lumineux est plein.

Elle pleure des larmes blanches
Comme les ailes d’un oiseau
Chantant, le soir, sur sa branche,
L’aile cassée et le chant beau,

Blanches comme un fleuve de lait
Qui inonde toute la vie,
Blanches comme la neige l’est,
Du doux soleil jamais suivie !

Jusqu’à la mort se consommant,
Jusqu’à sa dernière larme,
Elle s’épuise doucement
En versant ses pleurs informes

Qui tombent sur la pâle joue
De la sénile Éternité
Qui fait sereinement la moue
Et contemple avec vanité

Cette pauvre bougie mourante
Qui éclaire d’autres mourants
Avec sa lueur errante
Qu’essoufflera le vent errant.

Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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