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CONTE: HISTOIRE DE MOUCHERON (PARTIE x)
X. L’iniquité du roi, et l’exil de Moucheron
Dans l’ombre du cachot profond où il
fait nuit,
Moucheron, tout petit, tout seul et sans
appui,
Apprend par un garde la nouvelle fatale
Qu’il est condamné à la peine capitale.
Pour qu’il puisse échapper à l’arrêt
alarmant,
A sacrifier l’un des magiques
instruments
Moucheron se décide, demande au roi de
vivre
Et promet, si de ses chaînes il le
délivre,
Avec le plus sincère et le plus humble
ton,
De lui révéler le secret de son bâton.
Le roi, fort intrigué, accède à sa
requête
Et pense le bâton plus précieux que sa
tête.
Enchaîné lourdement et de la tête aux
pieds
Comme à un dangereux criminel il sied,
Le captif est conduit dans une
dépendance
Où de l’or est enfoui. Le bâton tourne
et danse
Et indique l’endroit où cet or est
caché.
De voir ce beau trésor le roi n’est pas
fâché,
Moucheron a enfin prouvé son innocence,
Mais le roi profite de son impuissance,
Punit le trésorier de la peine de mort,
Et dit à son coureur : « J’ai
adouci ton sort,
Et grâce à moi tu vis, mais petit et
frêle,
Ta vélocité n’est point chose naturelle !
Tu as d’autres secrets : bien loin
de l’horizon
Tu resteras, jusqu’à ta mort, dans ta
prison
Si tu ne me les dis pas. L’aurore
nouvelle,
Tu la verras briller si tu me les
révèles. »
De son iniquité Moucheron est affligé,
Mais dit le secret des pantoufles,
obligé
De le lui révéler pour demeurer en vie,
Le roi, de savoir ce secret l’âme ravie,
N’attend pas que Moucheron lui explique
comment
Faire pour s’arrêter, et au même moment
Chausse les pantoufles, court comme le
diable,
Essaie de s’arrêter, en vain ; le
misérable
Jusqu’à ce qu’il tombe continue à courir,
Évanoui, épuisé et se croyant mourir.
Humilié par une telle mésaventure,
« Aux bêtes des bois je te donnerai
en pâture
Dit-il, furieux, à son coureur, si tu
reviens.
Quitte mon royaume et ne me demande
rien,
Estime-toi heureux, car ta vie est
sauve.
Tu seras dévoré par les bêtes fauves
Si, douze heures passées, un seul homme
te voit
Dans mon royaume, ne serait-ce qu’une
fois. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
vendredi 23 juin 2017
Conte: Histoire de Moucheron (Partie X)
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