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mardi 15 juin 2021

La clémence du Prophète

 La Clémence DU PROPHÈTE

Un prophète est venu vers vous, un prophète pris parmi vous. Vos iniquités lui pèsent, il désire ardemment vous voir croyants. Pour ceux qui croient, il est plein de bonté et de miséricorde. (Coran, 9, 128)

Anas ibn Malik dit : « Je marchais une fois
Avec le Prophète, qui portait avec foi
Un habit de Najran aux côtes épaisses.
Un bédouin, sans trembler de sa propre hardiesse,
L’atteignit, le tirant violemment par l’habit
Au point que ce geste de brute lui fit
Une tache rouge au cou, que je vis moi-même.
Le bédouin n’en était pas toutefois blême,
Et dit au Prophète, par son nom l’appelant :
« Mahomet ! Qu’on me donne un peu de cet argent
Que tu as, qui est à Dieu ! » (Il veut qu’on lui donne
De l’argent qui vient du butin ou des aumônes).
Le Prophète ne fut pas en colère ; il rit
Et ordonna que ce bédouin brutal en prît.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 5 juin 2021

La vanité

 la vanité

Cette demeure de la vie future, nous la donnerons à ceux qui ne cherchent point à s’élever au-dessus des autres ni à faire le mal. Le dénouement heureux est réservé aux hommes pieux. (Coran, 28, 83)

Le Prophète est assis avec ses compagnons
Quand un bédouin vêtu de soie et de rayons,
Vient, bien coiffé, portant une jebba verte.
Alors le Prophète dit : « Notre ami veut, certes,
Rabaisser le preux qui est fils de chevalier
Et par sa fatuité tous deux les humilier,
Comme il veut élever, par sa mine outrancière,
L’humble berger, enfant de l’humble bergère. »
Et le prenant par les pans de son vêtement :
« Auras-tu donc toujours le même entêtement
De porter les habits de l’insensé qui doute ? »
Et le Prophète avec gravité ajoute :
« Sur le point de mourir, Noé à son fils dit :
“Je t’ordonne deux choses et je t’en interdis
Deux autres : sache qu’il n’y a point de dieu ni maître
Hormis Allah, le dieu de tous les êtres.
Si cette vérité qui nous vient de Dieu
Était, avec les sept terres et les sept cieux
Dans le plateau d’une balance, et eux dans l’autre,
De son côté elle pencherait. Si le Maître
Faisait des sept terres et cieux un anneau
Dont on ne connaît pas les secrets virginaux,
Cette vérité le romprait. Dis les louanges
Du Très-Haut, prière qui jamais ne change
De tout ce que Dieu a créé et qu’il entend
En comblant de tant de bienfaits. Fils m’écoutant,
N’associe jamais à Dieu des déités fausses,
Et garde-toi de la vanité si basse.”
Au Prophète on demande alors : « Nous connaissons
L’association ; mais si nous nous chaussons
Bien, est-ce vanité ? » « Non », répond le Prophète.
« Si nous nous vêtons bien ? » « Non » « Si une belle bête
Est notre monture ? » « Non » « Lorsque nos amis
S’asseyent auprès de nous ? » « Non » Alors on frémit
Et s’écrie : « Prophète, la vanité, qu’est-elle ? »
Le Prophète répond : « La vanité mortelle
Consiste à mépriser, de les voir irrité,
Et son prochain et la divine vérité. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène