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vendredi 24 juillet 2020

Re-Hymne à la mort

RE-hymne à la mort

D’après le poème  « Hymne à la mort » de Victor de Laprade (1812-1883) duquel je ne garde ici que la première strophe

Pourquoi, vous qui rêvez d’unions éternelles,
Maudissez-vous la mort ?
Est-ce bien moi qui romps des âmes fraternelles
L’indissoluble accord ?

Est-ce moi qui vous rend inconstants et volages ?
Non, ce sont vos péchés !
Vous êtes aussi durs que le marbre sans âge
Sous la terre caché !

Je suis, en vérité, pure et nécessaire,
Et mes linceuls anciens
Sont ce qu’il y a ici-bas de plus sincère ;
Les riches, les vauriens,

En sont couverts, comme les rois et les esclaves.
Ne me maudissez pas !
Je ne sais pas qui est lâche et qui est brave,
Qui est heureux ou las !

Je viens à vous, mortels. Quand votre heure sonne,
Je vous dis : « C’est fini »
Et sans regarder la récolte, je moissonne.
La vie vous désunit,

Mais moi, dans l’abîme, tous je vous rassemble,
Vous y êtes tous nus ;
Homme, tu meurs sans rien, en t’en allant tu trembles
Comme tu es venu.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 5 avril 2017

La Maüsethrum de Bingen

La maüsethrum de bingen

Victor Hugo, La Tour des rats (1847)

Comme un phare dans une mer sombre
Qui jette les vaisseaux sur les écueils,
Portant son éternel habit de deuil,
La Tour endormie rêve dans l’ombre ;

Terrifiant et ténébreux mirage,
On y entend les plaintes des esprits
Des misérables qui y ont péri,
Ensevelis dans le linceul des nuages.

Jadis, le terrible Hatto de Mayence,
Abbé de Fuld, homme avare et mauvais
Qui en commettant son forfait rêvait,
Y enferma des hères sans défense ;

Comme la grève de grains de sable
Ses réserves étaient remplies de blé,
Ils avaient faim, mais ils avaient troublé
Son repos avec leur air misérable.

Que fit alors ce gueux ? Dans une grange
Il enferma, bétail las de marcher,
Ces pauvres assaillis par ses archers,
Et aux lèvres un sourire étrange,

Les fit brûler et leur dit, du supplice
Content : « Entendez-vous les rats siffler ? »
Qui vinrent, comme s’il les eût appelés, 
Le dévorer vivant, sombre milice.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 19 mars 2017

La Mort de Messaline

LA mort de messaline

François Victor Eloi Biennourry, La Mort de Messaline (1850)

Pâle et accablée d’injures,
Sombre victime de l’Amour,
Messaline, belle et impure,
Se souvient de ses radieux jours.

Caressant les bêtes errantes,
Consumée par mille chaleurs,
La courtisane chavirante
Allait enivrée par les fleurs,

Assaillie par toutes les flèches
De Cupidon toujours vainqueur,
La gorge éternellement sèche
En entendant battre son cœur !

Les lèvres roses et tremblantes,
Elle embrassait ses propres mains
Marchant dans les vapeurs troublantes
Et le brouillard des vins romains,

Par tous les vents d’amour brisée,
Raillant comme les conquérants
Claude à la vigueur épuisée
Et dans l’ombre de Rome errant !

Pour la frapper avec son glaive
Le soldat impassible attend
L’ordre, et Messaline rêve,
Courroucée et le cœur content. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 11 décembre 2016

Cosette

cosette

Émile-Antoine Bayard, Illustration pour Cosette (1862)

Pieds nus sous la pluie cruelle
Qui lui fera des bleus partout,
Tenant un balai plus grand qu’elle,
Cosette, opprimée par la toux,

Domestique frêle et rose,
Vêtue d’un éternel haillon,
Enfant devenue une chose,
Soupire loin des rayons !

Son horrible maigreur rappelle
Celle d’un chien mal nourri,
Avant, pourtant, elle était belle,
Jeune fruit tombé qui pourrit !

Elle craint tous les adultes
Et n’ose parler qu’en tremblant
Du bâton ou de l’insulte
Qui brisent son petit corps blanc ;

Elle souffre comme une femme,
Esclave de la Thénardier,
Marâtre sombre et infâme,
Et veut jouer et étudier

Comme on le fait à son âge ;
Son supplice va-t-il finir ?
Elle croit voir dans l’orage
Fantine, sa mère, revenir.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène