vendredi 20 novembre 2020

L'oasis

l'oasis

Nous avons puni les habitants de la Mecque comme les possesseurs de l’oasis. Ils jurèrent d’en cueillir les fruits le lendemain matin. (Coran, 68, 17)

Jadis, au Yémen, trois frères aux fils nombreux
Avaient une oasis aux palmiers vigoureux.
Quand il était vivant, leur vénérable père,
Étant un homme de piété et de prière,
Le moment de cueillir leurs dattes venu :
« Laissez-en tomber pour ceux qui ont les pieds nus,
Disait-il à ses fils, pour que Dieu bénisse
Votre récolte, et pour qu’elle s’appesantisse. »
Et les dattes tombaient comme des pièces d’or.

Les jeunes hommes se dirent, leur père mort :
« Nous deviendrons bientôt tous des misérables
Si nous suivons notre père charitable !
Prenons donc nos dattes dès l’aurore, demain,
Avant que les pauvres ne trouvent le chemin. »
Ils étaient insensés et ils se le jurèrent
Sans penser au Seigneur, et se séparèrent.
Or tandis qu’ils dormaient de leur sombre sommeil,
Un feu puissant, aussi radieux que le soleil
Et commandé par Dieu, tomba sans attendre
Sur l’oasis, et la réduisit en cendres.
Elle devint pareille à la plus sombre nuit.
Les frères, prenant soin de ne faire aucun bruit,
Se dirent en se levant : « Récoltons nos dattes !
Faisons-le maintenant, grâce à notre hâte
Nul pauvre ne viendra nous voler notre bien. »
Des dattes, des palmiers, il ne restait plus rien.
Ils pensaient réussir, mais d’une voix forte
S’écrièrent en voyant leur oasis morte :
« Seigneur, pardonne-nous ! nous étions dans l’erreur
Et nous avons été des prévaricateurs ! »
Le plus juste d’entre eux leur dit : « Ô mes frères,
Ne vous ai-je pas dit de craindre la colère
De Dieu, et de louer son nom ? » « Qu’il soit loué !
Nous l’avons mérité : nos espoirs sont floués,
Dirent-ils. Que Dieu, dont nous implorons la grâce,
Nous donne une oasis meilleure et plus grasse. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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