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vie de joseph (première partie) I. Le songe, le complot Joseph dit à son père : J’ai vu onze planètes, le soleil et la lune qui m’adoraient. (Coran, 12, 4) Joseph dit à Jacob, comme lui prophète : « Père, dans un songe j’ai vu onze planètes, La lune et le soleil, devant moi prosternés. » Sachant qu’un grand pouvoir lui serait donné, Jacob dit à son fils : « Écoute ma prière : Ne va jamais conter ton songe à tes frères, Car ils pourraient avoir des desseins criminels ; Satan est de l’homme l’ennemi éternel. Dieu t’a choisi parmi toutes ses créatures Pour voir dans les songes les choses futures. Tu seras un prophète et béni par Dieu Comme ta famille et comme tes aïeux Abraham et Isaac. Dieu sait et il est sage. » Les frères de Joseph se dirent avec rage : « Joseph et Benjamin sont tous les deux plus chers Que nous à notre père, et son âme et sa chair ! Nous sommes plus nombreux, pourtant ! Notre père Est injuste, sans doute, et son esprit erre. Tuons Joseph, ou bien qu’il soit chassé d’ici ! Le cœur de notre père, aujourd’hui endurci, Va nous appartenir, et pour qu’il nous aime Il ne verra que nous, les seuls et les mêmes ! Puis nous demanderons le pardon du Seigneur. » L’un d’eux dit : « Frères, ne soyons point des tueurs, Mais jetons-le, puisqu’il faut qu’il disparaisse, Au fond d’un puits profond et noir, et qu’on l’y laisse. Il sera recueilli par quelque voyageur. » Ils allèrent à Jacob. « Pourquoi as-tu peur, Lui demandèrent-ils avec force et zèle, De nous confier Joseph ? Nous lui serons fidèles Et veillerons sur lui. N’aie pas peur du danger, Pour qu’il joue et apprenne à être un bon berger, Permets-lui de venir avec nous demain, père. » Terrifié d’un songe de la nuit dernière Dans lequel il avait vu Joseph dévoré En étant avec eux, par un loup abhorré, Jacob ne voulut pas. « Père, tu en trembles ! S’écrièrent ses fils, nous serons ensemble, Pour ne point le défendre en étant si nombreux, Il faut que nous soyons, certes, bien malheureux ! » Ils emmenèrent donc Joseph et le jetèrent Au fond d’un puits profond, et le soir rentrèrent Éplorés, dire à leur père : « En allant courir Et sans imaginer qu’il pouvait en mourir, Nous laissâmes Joseph non loin de nos hardes. Un loup l’a dévoré. Pour nous croire, regarde. » Ils montrèrent à Jacob le sang d’un animal Sur la tunique de Joseph. « L’esprit du mal Vous a tous inspiré un dessin funeste, Dit Jacob. Patience ; que le Seigneur m’assiste. » Dieu fit à Joseph cette révélation : « Tu leur diras, un jour, leur mauvaise action. Ils ne savent pas qu’ils œuvrent pour ta gloire. » |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
jeudi 26 novembre 2020
Vie de Joseph (première partie)
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