mercredi 30 septembre 2020

La destruction des idoles

  LA destruction des idoles


Votre Dieu, continua Abraham, est le Souverain du ciel et de la terre. Il les a tirés du néant. Je rends témoignage de sa puissance. J’en atteste mon Dieu, à peine serez-vous éloignés de vos idoles, que je les attaquerai. (Coran, 21, 56-57)

Abraham demanda à son peuple et son père :
« Qu’est-ce que ces statues que votre cœur vénère ? »
Et on lui répondit : « Mais, il en est ainsi
Parce que nos ancêtres les vénéraient aussi ! »
« Vous et vos ancêtres, leur dit le prophète,
Êtes des insensés dans tout ce que vous faites. »
« Abraham, nous railles-tu ? », s’écrièrent-ils.
« Non, je ne vous raille point. Tous vos dieux sont vils.
Car il n’est qu’un seul dieu aux cieux et sur terre. »
Et Abraham, comme pour comprendre un mystère,
Fit semblant de sonder les étoiles, puis dit :
« Je suis fort malade, laissez-moi ». Il partit
Mais jura secrètement d’accomplir son rôle
Et de braver, quand il sera seul, les idoles.
Il prit une lourde hache, et en soupirant,
Mit en pièces tous les dieux, hormis le plus grand.

Les idolâtres vinrent, et ils s’écrièrent :
« Qui a ainsi réduit tous nos dieux en poussière ?
C’est sans doute un impie qui doit être châtié ! »
On murmura alors avec inimitié
Le nom du jeune homme terrible qui méprise
Les statues muettes mais qu’on divinise,
Abraham. « Faites-le venir ! » s’écria-t-on.
« Dis-nous si tu as fait cela, nous t’écoutons ! »
Abraham répondit : « Non, mais c’est la faute
De la divinité la plus grande et haute.
Interrogez-la, alors. » « Mais elle ne dit rien ! »
« Elle ne peut vous faire aucun mal ni bien !
C’est cela, votre dieu ? Où est son tumulte ?
Malheur à vous et aux objets de votre culte,
Insensés ! » « Brûlez-le et vengez vos dieux ! »
Cria un homme. Le bûcher était radieux,
On y jeta, les yeux et le cœur pleins de haine,
Le prophète Abraham accablé de chaînes.
Mais le feu devint doux et bientôt les fondit.
Dieu sauva Abraham. Quant à l’homme maudit
Qui cria cet ordre, pour châtier son crime,
La terre s’ouvrit sous lui et prit sa victime.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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