samedi 1 août 2020

Re- Mélancolique mer que je ne connais pas...

RE-mélancolique mer que je ne connais pas...

D’après le poème  « Mélancolique mer que jene connais pas...» de Jean Moréas (1856-1910) duquel je ne garde ici que la première strophe

Mélancolique mer que je ne connais pas,
Tu vas m’envelopper dans ta brume légère,
Sur ton sable mouillé je marquerai mes pas,
Et j’oublierai soudain et la ville et la terre.

Tel un mort qui rêve de mille enchantements,
Tu m’envelopperas de ton linceul humide
Jusqu’à la grève tu pousseras lentement
Les cadavres de mes rêves pleins de rides ;

Je me reposerai sous tes pesants flots noirs,
Je serai purifié par tes vastes ondes,
Et je m’endormirai sans douleur ni espoir,
Auprès de tes trésors rouillés, mer profonde. 

Tes poissons rapides, spectres de l’océan,
Passeront tous dans les orbites de mon crâne,
Et il sera jeté, ô mer, dans ton néant,
Pareil à une fleur étrange qui se fane.

Les algues pousseront ainsi que les coraux
Dans mon crâne cassé, jardin de l’abîme
Que ne peuvent embaumer les doux parfums floraux,
Immobile dans sa solitude sublime.

Tu viendras m’emporter, mer, jusqu’à l’absolu,
Jusqu’au néant où tout est calme et limpide,
Comme une feuille morte, un jour où il a plu,
Est emportée par la tempête rapide.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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