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samedi 23 décembre 2017

Les affres de Narcisse

LES affres de narcisse

Dans la source sombre que trouble l’orage,
De son âme agitée trop fidèle miroir,
Narcisse se mire du matin jusqu’au soir,
Eternel prisonnier d’un éternel rivage ;

Les ondes sont ses fers, la nature est sa chaîne,
La source desséchée se nourrit de ses pleurs,
Tremblante allégorie de sa pâle douleur
Qui au fond du néant infini l’entraîne !

Prosterné devant cet autel morne et vide,
Il semble méditer, rongé par le chagrin,
L’eau est rouillée, hélas, comme un antique airain,
Elle qui fut jadis radieuse et limpide !

Parfois, Narcisse voit son vieux crâne chauve
Y trembler, et son front par les ans balafré
Pareil à un vaisseau dans la mer engouffré
Et longtemps tourmenté par les tempêtes fauves,

Parfois, une jeune fille, belle et peu sage,
Passe et lui demande : « Que faites-vous, vieillard ? »
Avec un sourire vague comme un brouillard,
Narcisse lui répond : « Je cherche mon visage. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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