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CONTE: LE PALAIS AÉRIEN (PARTIE ix)
IX. Comment Bertel sauva sa princesse bien-aimée et
l’âne gris, son fidèle compagnon
Dans de vastes salles Bertel erre en
rêvant
Ainsi qu’une voile que caresse le vent
S’avançant doucement dans les flots sans
furie,
Contemplant les soleils des belles
pierreries.
Réveillé tout à coup de son dangereux
sommeil
Par le rugissement d’un monstre sans
pareil,
Dans une salle il voit un Trolle à neuf
têtes
Qu’il tue d’un coup d’épée. Non loin de
la bête,
Il trouve une jeune beauté qui doucement
dort
Pareille à une fleur, dans une chambre d’or.
Bertel s’approche d’elle et voit avec
surprise
La jeune princesse dont son âme est
éprise
Et dont il a aimé le portrait dans les
bois.
« Ô c’est vous ! s’écrie-t-il,
c’est bien vous que je vois ! »
La beauté se réveille et à son tour s’écrie :
« Le Trolle va revenir !
Fuyez, je vous en prie ! »
Mais Bertel lui répond : « Il
est mort. Suivez-moi,
Ma belle princesse, sans peur et sans
émoi,
Et je vous conduirai jusqu’à votre père. »
Elle lui tend la main. La pauvre n’espère
Que revoir son bon père, et comme son
sauveur
Qui la contemple, épris, avec des yeux
rêveurs,
Ne songe qu’à quitter ce palais, sans
rien prendre
De ses vastes trésors, et sans encore
attendre.
Les bêtes, cependant, commencent à s’éveiller
A beugler, à rugir, à piauler, à
piailler.
L’âne crie à son maître avec impatience :
« Utilisez l’eau de mort ! ».
Avec vaillance,
Bertel en asperge tous ces fauves
surpris
Qui périssent bientôt en poussant de
grands cris.
Il rejoint ensuite les deux autres
princesses,
Va voir le roi du sort gémissant sans
cesse
Qui embrasse ses trois filles avec
transport.
L’âne gris à Bertel dit : « D’une
affreuse mort
Je vous ai maintes fois sauvé. J’ai une
grâce,
A vous demander. » Le bon Bertel l’embrasse :
« Oui, tout ce que tu veux ! »
« Coupez-moi la tête. »
« Quelle horrible chose ! Non ! »
« Que rien n’arrête
Votre épée ; grâce à moi vous êtes
puissant,
Montrez aussi que vous êtes
reconnaissant. »
L’âne insiste tellement que Bertel qu’il
afflige
Lui coupe la tête, reconnaissance
oblige.
A sa place aussitôt un jeune homme
apparaît :
C’est un beau prince qu’un sorcier
coupe-jarret
A transformé en âne, et chose cruelle,
Pour que lui soit rendue sa forme
naturelle,
Il fallait qu’un homme reconnaissant
coupât
Sa tête. Charmé, mais par les divins
appâts
De la seconde fille du roi, il l’épouse,
Et Bertel celle qu’il aime. Âmes
jalouses,
Ses frères, ne pouvant le voir riche et
heureux,
Alors qu’il les combla de présents
valeureux,
Quittèrent le pays, et comme des hères
Vécurent loin de lui toujours dans la
misère.
[FIN DU CONTE: LE PALAIS AÉRIEN]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2208.
vendredi 7 juillet 2017
Conte: Le Palais aérien (Partie IX)
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