dimanche 2 août 2015

Conte: L'Ustaria di i figli di u Diauli (L’Auberge des fils du Diable) (Partie III)

CONTE: L'USTARIA DI I FIGLI DI U DIAULI (PARTIE IiI)


III. Comment Antonarello, grâce aux conseils de la sainte Vierge, fut sauvé d’un trépas certain

Le voyageur trouva une bien belle route.
« Dois-je la prendre ? » se dit-il, et plein de doute,
Le céleste conseil lui traversa l’esprit,
Et sans qu’il ne le sût grand bien lui en prit :
Au détour du chemin des voleurs attendaient
Qui hormis la bourse rien ne demandaient
Et qui l’auraient tué donc infailliblement
Et dépouillé de tous ses francs ignoblement.
Quelques jours après, il vit des gens qui étaient
En querelle, et qui sur la route se battaient ;
« Il faut les séparer ! » pensa-t-il, mais songea,
Bien qu’apaiser cette querelle le rongeât,
A ne point se mêler des affaires des autres,
Et passa son chemin en les laissant se battre.
Il en fut bien heureux : les furieux querelleurs
Se battirent avec tant de sauvage valeur
Que les uns sur les autres, armés, ils se ruèrent,
Et lorsque finit le combat s’entretuèrent.
Le jeune voyageur erra encor longtemps
Et il vit enfin, de se délasser content,
Ignorant son sombre secret effroyable,
L’auberge maudite des enfants du Diable.
Sans poser la question qui le ferait périr,
Il demanda : « J’ai faim. Qu’avez-vous à m’offrir,
Les amis ? » « Tout ce qui peut, seigneur, vous plaire. »
Répondirent les fils du Diable sans colère.
Le voyageur dont on attendait le trépas
Se fit bientôt servir un excellent repas,
Mangea fort bien, but fort mieux et paya ses hôtes.
« Parbleu, étranger ! Tu as la tête bien haute ! »
S’écria un diable en changeant de couleur.
Es-tu indifférent à notre noir malheur ?
Ton cœur est bien dur pour un homme de poussière ! »
« Grâce à une auguste dame et ses lumières,
Des affaires des gens je ne mêle pas,
Et je vous remercie du délicieux repas. »
Désespérés, les vils démons s’en allèrent,
Quittèrent l’auberge maudite et la brûlèrent
Pour que nul n’y trouvât un salutaire abri.
Quand ils n’en laissèrent que les fumants débris,
Ils retournèrent, tout tremblants, à la géhenne.
Les yeux de leur père, Satan, luisaient de haine,
Car ils avaient été vaincus par ce mortel.
Mais il les renvoya ailleurs tenir hôtel.
La récolte sera toujours abondante
Et l’enfer s’emplira d’âmes imprudentes.

Antonarello, lui, par les chemins erra,
Et à chercher fortune toujours persévéra ;
Peut-être la trouva-t-il, loin de l’Auberge,
En suivant les conseils de la bonne Vierge.

[FIN DU CONTE: L'USTARIA DI I FIGLI DI U DIAULI]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

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