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lundi 6 avril 2020

Lourde perfection

Lourde perfection

La perfection berce et assomme
La déplorable humanité,
Et rappelle à tous les hommes
Leur faiblesse et leur vanité.

Quand un homme incomparable
Guide tous les autres nigauds
Qui ne sont pas ses semblables
Et qui ne sont pas ses égaux,

Quand il dévoile son abîme
À cette race de mortels
Avec son index sublime
Qui leur montre toujours le ciel,

On refuse de l’entendre,
On le qualifie d’aliéné,
De n’être qu’un peu de cendre
Soudain blessé et étonné,

On maudit sa gorge sèche
D’où ne sort que la vérité,
Et comme Hercule avec ses flèches
Et avec sa témérité,

On l’assaille avec des mots sombres,
Par tous ses rayons embrasé,
Car on se sent, dans son ombre,
Par le grand soleil écrasé.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 17 avril 2012

L’ennui de la Perfection


L'ennui de la Perfection


Déesse comme un nuage blanche,
Tu es ennuyeuse comme un dimanche
Avec ton front plus que les monts hautain !
Tout en toi me rappelle le destin ;
Tes yeux sombres, ces dards homicides,
L’austérité de ta beauté placide,
Ta chevelure que le vent ne remue pas
Et ta splendeur qui se rit du trépas !

Tu es tranquille comme la mer Rouge
Dont les flots d’airain jamais ne bougent,
Tu n’as point de parfum, muette fleur,
Et tu railles nos joies et nos douleurs !
Fière, tu marches en méprisant la foule,
Tu ne vois point les cœurs que tu foules
Et qui empourprent tes souverains pas ;
Tout pour toi est éphémère ici-bas
Car ta froide beauté est semblable
A un tableau aux lignes immuables
Que le Temps avec ses ongles acérés
Ne ronge pas et ne peut altérer !
Tes charmes n’enivrent pas, mais ils tuent,
Ô, vivante et insensible statue !
Ils damnent les insignifiants mortels,
Leur encens, leurs prières et leurs autels
Et tout ce qu’ils font, tremblants, pour plaire
A tes grâces, ou adoucir ta colère !
Haute sur ton piédestal géant,
Tu te moques de notre noir néant,
Mais tu serais plus belle, reine sans empire,
Si seulement tu pouvais sourire ! 


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène