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la fontaine du jardin botanique
J’entends,
le soir, dans le Jardin Botanique,
La
fontaine pleurer comme une veuve antique,
Toute
seule dans l’ombre infinie de la nuit,
Et
la musique de ses larmes me poursuit !
Qu’est-ce
qui fait pleurer cette triste fontaine
Où
l’eau me semble vivre et qui me semble humaine ?
Un
deuil ancien ? un doux baiser ? un vieil amour ?
Un
amant qui ne vient pas au lever du jour
Et
qui lui a ravi avec ses promesses
Son
cœur blessé et sa défunte jeunesse ?
Je
ne sais. Mais elle a perdu tous ses cheveux
Et
elle n’exauce plus des mortels les vœux,
La
fée qui l’habitait aujourd’hui est morte,
Et
sous l’onde trouble de sa maison déserte
On
voit ses os briller comme des sous tout neufs,
Et
ses grands soupirs, toutes les nuits et derechef,
Emplissent
le jardin qui semble être sa gorge,
Et
en les répétant les rendre plus larges !
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mardi 2 avril 2019
La fontaine du Jardin Botanique
vendredi 14 décembre 2018
Minute de silence devant la Loire
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minute DE silence devant la loire
Alors que le
soleil se levait, ce fleuve
Qui de sa propre
essence éternellement s’abreuve,
Reluisait vaillamment,
mélancolique et veuf,
Pareil, sous le
grand ciel d’hiver, à un sou neuf.
J’entendais le
refrain de l’onde immobile,
Goutte d’un
déluge qui a frappé la ville,
Et il me
semblait que ce fleuve décrépit
Qui allait sans
raison et courait sans répit,
Flambeau qui
dans les vents cherche sa flamme,
Etait, en
vérité, mon cœur et mon âme !
Dans ses
ironiques et pâles profondeurs,
Mon être se
dissout, frêle comme une odeur,
Chétif comme un
malade et vain comme un nuage ;
Je fais un
éternel et ennuyeux voyage,
Toujours ici,
jamais ailleurs, dans les flots morts
Cherchant l’improbable
dépouille du port,
Blessé sans
savoir au juste ce qui m’afflige
Devant ce grand
néant pris d’un vaste vertige,
Au bord de l’abîme
debout seul, effrayé,
Et contemplant
de loin mes beaux rêves noyés.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 18 juillet 2018
À la Loire
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à la loire
Ô Loire qui
souris sous le ciel qui rayonne,
Obéis-moi, je
suis ton maître et te l’ordonne,
Emporte-moi
jusqu’aux êtres qui me sont chers
Sur tes flots
incertains, pareils à des yeux clairs !
Ô rends-moi mes
amours, Loire criminelle !
Tu ne peux me
priver des choses éternelles !
Rends-les-moi ou
je fais ce que tous les dieux font,
Et comme fit
Xerxès, jadis, à l’Hellespont,
Je te fouetterai
jusqu’à la mort, Loire !
Bientôt tu me
verras dans toute ma gloire,
A la tête d’une
grande armée, envahir
Le monde des
mortels, et aussi t’assaillir
Avec mon radieux
foudre et mon fouet luisant !
Oses-tu t’opposer
à moi ? En te brisant
Ainsi que le
potier brise une poterie,
Tu trembleras de
ma force et de ma furie !
Conduis-les
jusqu’à moi, conduis-moi jusqu’à eux,
Ou comme Moïse
je te couperai en deux
Et tu en périras
comme la mer Morte !
Rien n’est plus
inquiétant que les sombres portes
Ouvertes et
fermées, paradoxes flottants ;
Loire, tu es
donc un problème à deux battants !
Je te l’ordonne,
je t’en prie, je t’en conjure,
Ramène-moi ces
deux apparitions pures,
Ramène-les-moi
ou péris dans les tourments,
Et sois clémente
comme ils sont tous deux charmants !
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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