mardi 5 mai 2020

Le démon mendiant

LE démon mendiant

Voilé par ses haillons et par l’ombre,
Un démon que méprisent les humains
Mendiait sa vie, le soir, sur les chemins,
Ouvrant la main comme une porte sombre.

On eût dit une bête sauvage
Tuée par un intrépide chasseur,
Chaque fois qu’il soupirait sans douceur
Pour attirer jusqu’à son rivage

La voile errante de tout ce qui se passe :
Les rares marcheurs et les chats chétifs,
La brise qui caresse le récif,
La pâle étoile et la saison lasse.

Il montrait sa main tremblante et velue
Au monde, où il ne tombe jamais rien,
Désert incommensurable et ancien
Où il ne pleut pas à perte de vue.

Ce démon, c’était pourtant un homme !
Nous l’avons rendu hirsute et mauvais,
Et un jour il murmurera : « Je vais
Brûler le monde comme Néron Rome !

Ma main est vide comme mon ventre !
Vous ne me donnez pas, alors je prends ! »
Et le démon ténébreux et errant
Mange sa proie et revient à son antre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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