mercredi 2 octobre 2019

Le vinyle fantomatique

LE vinyle fantomatique

Le disque magique tourne sur lui-même
Sans jamais être las ni de vertige pris,
Et dans le livre ouvert du soir il écrit
Des poèmes heureux et des chansons blêmes.

Comme un verre d’un vin luisant et mystique
Qui pleut de sa bouteille ouverte en murmurant,
La tranquille maison, songeant et soupirant,
S’emplit d’une douce et éternelle musique,

Le jazz, dans la chambre, s’envole comme une âme
Qui quitte le corps noir du vinyle mourant
Et qui semble aller en marchant et en courant
Et réchauffe les cœurs seuls avec sa flamme,

Les sons disparaissent vite ; on eût dit un songe
Ou une éphémère et délicate vision,
Tout ce qui existe n’est plus que dérision
Et la réalité devient un mensonge.

C’est comme si ce cercle infini qui tourne
Était hanté par un spectre toujours vivant ;
On écoute et aussi on regarde en rêvant,
Et dehors, il fait froid et le ciel est morne,

Tandis que la vieille musique tranquille
Qui rend la solitude et le chagrin plus beaux,
Dans notre cœur allumant son flambeau,
Sort des sillons profonds du divin vinyle.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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