jeudi 25 avril 2019

Terrains vagues

terrains vagues

J’aime ces terres où le corbeau croasse
Et où le vautour dans la ciel passe
En cherchant des animaux morts de faim.
Des ordures le sinistre parfum
Y monte ainsi qu’une pâle poussière
Et du soleil cache la lumière,
Le poète y jette ses mauvais vers,
Dieu des restes incomplets d’univers
Et le peuple des choses putrides.
Leur visage est balafré de rides,
On dirait qu’elles ont vécu mille ans ;
Dans ces noirs restaurants, le milan
Mange des choses mortes ou malades,
Rien n’y bouge et tout y est vaste et fade.
Musées de l’immortelle saleté
Par les spectres du passé habités,
Ces terres ont survécu au Déluge,
Le chat errant y cherche un refuge,
Comme le poète las des humains ;
Dans les détritus formant des chemins
Où l’on marche avec dégoût, on regarde
Animaux cassés et lyres sans cordes,
Et on va dans l’insondable brouillard
Qui marche sur sa canne de vieillard.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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