dimanche 10 mars 2019

L'Ennui

 l'ennui

Comme un aigle invisible aux griffes acérées,
L’Ennui nous conduit à des régions abhorrés,
Emplies de ténèbres, où il mange nos cœurs
Qu’il lacère d’abord avec son bec vainqueur,
Charognes sanglantes, sinistres, infâmes,
Où le Souvenir grave le sourire d’une femme,
Le visage d’un mort, éphémère et hagard,
Qui s’efface lentement comme un peu de brouillard
Dans le sombre printemps des jours de notre vie,
Maintes joies par notre destin soudain ravies,
Un amour de jeunesse, un invincible nom,
Quand les yeux disent oui et la bouche dit non !

L’Ennui nous désenchante et toujours nous dévore,
Il fait se ressembler toutes les aurores,
Toutes les nuits, toute les mers, tous les printemps,
A chaque carrefour ce monstre nous attend,
Les yeux grands ouverts et luisants dans l’ombre,
Autre Sphinx nous posant son énigme sombre
Et versant son poison hideux dans notre sang !
Comment lutter contre l’Ennui tout-puissant
Dont notre esprit est la sinistre demeure
Et qui nous fait compter les jours et les heures ?
Rien ne peut être fait, cet ennemi têtu
Ne peut être vaincu, ni même combattu,
Rien ne peut nous sauver de sa sombre étreinte
Qui comprime nos os et soudain nous éreinte,
Pareils aux voyageurs errant dans le désert
La bouche aussi sèche que le sable et l’enfer !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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