mardi 20 juin 2017

Conte: Histoire de Moucheron (Partie VII)

CONTE: HISTOIRE DE MOUCHERON (PARTIE ViI)


VII. Moucheron devient le coureur du roi

Le chétif Moucheron voit sans épouvante
Son adversaire, une montagne vivante,
Colosse impressionnant de voir ce nain surpris
Qu’il regarde de haut en bas avec mépris
En pensant qu’il pourrait le tenir dans sa paume.
C’est le meilleur coureur de tout le royaume.
Le signal est donné ; pour montrer sa vigueur,
Le géant s’élance sans délai et sans peur
En faisant d’énormes enjambées. Tranquille
Grâce à ses pantoufles, Moucheron reste immobile
Tout d’abord, puis glisse comme un poisson dans l’eau
Sur le gazon qui semble aux spectateurs un flot,
Et il arrive au but, laissant loin derrière
Le coureur essoufflé, plein d’ardeurs guerrières.
Les spectateurs, éblouis par cet insigne exploit,
Applaudissent Moucheron, qui va devant le roi
Se prosterner, et lui dit avec modestie :
« Si votre Majesté après cette partie
M’en juge digne, me fera-t-elle l’honneur,
Que j’espère gagner, de devenir son coureur ? »
« Tu seras mon coureur, répond le roi, affable,
Tu mangeras, et tous les jours, à la table
De mes serviteurs les plus proches, tu seras
Bien logé, bien nourri, par an tu recevras
Cent pièces d’or pour tes loyaux services. »
Moucheron, dont l’âme est bonne et le cœur sans vices,
Et qui ne connaît pas, hélas, le cœur humain,
Entre dans ses fonctions, avec joie, le lendemain.
Par sa promptitude et le zèle qu’il épouse,
Il devient très proche du roi. Âmes jalouses,
Lui enviant ses faveurs, les autres employés
Dans une sombre mer de fiel sont tous noyés. 

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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