mardi 13 juin 2017

Conte: Histoire de Moucheron (Partie II)

CONTE: HISTOIRE DE MOUCHERON (PARTIE Ii)


II. Le voyage de Moucheron commence, et la vieille femme qu’il voit dans une grande ville

Moucheron marche, âme gaillarde et jamais lasse.
Voit-il le moindre objet par terre ? Il le ramasse,
Persuadé qu’il lui sera d’un grand secours
Et qu’il pourra le rendre heureux et riche, un jour.
D’une haute mosquée la coupole radieuse,
L’eau d’un lac azuré, plate et silencieuse,
La route qui rêve sous le grand firmament,
Les arbres imposants et les oiseaux charmants,
Tout lui semble un appel et une promesse.
La soif et la faim lui rappellent sa faiblesse,
Malgré ces enchantements et malgré ces autels,
Son errance sans but et qu’il n’est qu’un mortel ;
Les fruits des champs sont sa seule nourriture,
La terre nue son seul lit dans cette aventure,
Son petit corps est las, il est si épuisé
Qu’il ne songe tout le temps qu’à se reposer.
Il voit, le troisième jour, une grande ville,
Tout emplie de soleil, radieuse et tranquille,
Et dont il admire les fiers étendards,
Le croissant des mosquées aux souriants regards
Et les belles maisons, sans doute hospitalières.
Malgré la fatigue pesante et meurtrière,
Il gravit la montagne et s’arrête un instant,
Renouant son turban pour être plus prestant,
Remettant son manteau dont il est la monture
Et le large poignard qu’il a à la ceinture.  
Il entre dans la ville et y marche longtemps
Traversant ses vastes rues, ébloui et content,
Sans que nul ne vienne lui dire : « Viens prendre
Une boisson fraîche, l’ami, et te détendre. »
Il regarde partout et enfin aperçoit
Une vieille femme dont il entend la voix :
« Venez, mes chers voisins pleins de gourmandise,
Car le bouillon est prêt et la table est mise. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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