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vendredi 19 juin 2020

Re-Tout le monde se plaint de la cruelle envie

RE-tout le monde se plaint de la cruelle envie

D’après le poème  « Tout le monde se plaint de la cruelle envie » de Jean de Sponde (1557 – 1595), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Tout le monde se plaint de la cruelle envie
Que la nature porte aux longueurs de nos jours :
Hommes, vous vous trompez, ils ne sont pas trop courts,
Si vous vous mesurez au pied de votre vie.

La vie est monotone et longue, au contraire,
Les jours sont à la fois pareils et différents,
Et nous allons comme les voyageurs errants
Dans les mêmes chemins où la race humaine erre.

La vie est une mer qui emporte nos voiles
Au port ou au néant – qui pourra le savoir ?
Dans la nuit immense nous ne pouvons voir
Et nous cherchons en vain l’oiseau et l’étoile.

Déployez vos ailes, ô jours éphémères !
Celui qui comptera vos rides va souffrir,
On est en train de vivre et aussi de mourir,
Nul ne comptera vos innombrables chimères,

C’est comme s’il comptait avec ses doigts les ondes !
Partout où nous irons, nous serons toujours seuls,
Et nous portons l’ennui comme un pesant linceul
Qui a couvert tous les cadavres du monde.

Il faut donc remercier la Mort douce et clémente
Qui vient nous moissonner et qui vient nous cueillir,
Car moi, elle ne me semble pas nous haïr
Mais nous aimer, et c’est la vie qui nous tourmente. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 8 juin 2012

L’envie d’aimer


L’envie d’aimer


 Dans cette rue sombre,
Déesse, je te vis,
Rayonner dans l’ombre
Devant mes yeux ravis,

Je te vis, sereine,
Remuer comme une fleur
Ta chevelure souveraine
Et emplie de senteurs,

Dans tes yeux moroses
Et qui semblent joyeux,
Je vis quelque chose
Qui vient des cieux !

Pareille à l’aurore,
Pareille à une lueur,
De reluire je t’implore
Dans l’azur de mon cœur !

Du vent qui te caresse
Et qui rougit ta peau,
N’écoute pas la détresse !
N’écoute pas l’oiseau

Qui s’envole et te chante
Des hymnes pleins d’amour !
Entends, nonchalante,
Et qui sourit toujours,

Les divins murmures
De ma lyre qui bénit
Et ta beauté pure,
Et tes charmes infinis !

Pour que tu ressuscites
Mon cœur mort, embrasé
Par tes grâces, Aphrodite,
Donne-moi un baiser

Ou souris, épique,
A mon cœur amoureux,
Comme dans les contes antiques
Une dame à un preux !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène