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CONTE: HISTOIRE DE MOUCHERON (PARTIE XiI)
XII. La vengeance de Moucheron
Aux portes du palais, le cuisinier du
roi
Voit Moucheron déguisé qui erre sans
effroi
Et s’écrie : « Les belles
figues, si vermeilles !
Cela va plaire au roi ! Combien la
corbeille ? »
Moucheron les lui vend pour un prix modéré
Et s’en va en faisant semblant d’être
affairé.
Content de son dîner, le roi complimente
Son cuisinier ; voyant les figues
charmantes,
Il admire avec joie ses fruits
inattendus,
Sur un plateau d’argent, par Moucheron
vendus.
« Quelles belles figues, combien
appétissantes ! »
Dit-il, avec une goinfrerie puissante
En avalant deux sans attendre, et en
donnant
A tous les convives, de leur goût
s’étonnant.
« Ah ! mon père ! »
s’écrie sa fille, la princesse ;
Il entend d’autres cris retentir sans
cesse
Et le roi voit soudain, affligé et
furieux,
Pousser un nez et deux oreilles
monstrueux
A tous ceux qui comme lui ont mangé des
figues.
Il appelle tous ses médecins et il
brigue
Leur secours. Ils viennent bientôt,
obéissants.
Leurs remèdes sont vains, leurs conseils
impuissants,
Rien ne guérit le roi et les autres
convives,
Ni leurs saignées, ni leurs pilules.
Rien n’arrive,
Et la cour se désole avec un sombre
bruit
En maudissant le chef de cuisine et ses
fruits.
Avec l’argent qu’il a gagné, Moucheron
achète
Une belle robe de docteur, et l’allure
quiète,
Va au palais du roi sans trembler du
danger
Et se présente comme un médecin étranger
Qui connaît les secrets des anciens
remèdes.
On croit que ce petit médecin offrant
son aide
Est un charlatan, mais un prince veut
bien
Eprouver sa science d’abord, n’y perdant
rien.
Pour seul remède alors, au prince qu’il
étonne
Il fait manger une figue qu’il sait
bonne,
Et le prince est guéri comme par
enchantement.
A travers de grands et somptueux
appartements,
Le roi joyeux conduit le médecin sublime
Et lui
dit : « Guéris-moi, tu seras richissime,
Et je te donnerai tout ce qui te
plaira. »
Moucheron voit ses trésors :
« Tu ne me reverras
Plus jamais ! » S’écrie-t-il
devant le roi superbe
En arrachant rapidement sa fausse barbe
Après s’être emparé de son bâton et mis
Ses pantoufles, laissant le souverain
qui gémit
Atterré par cette vérité fatale,
Et s’envolant bientôt vers sa ville
natale.
[FIN DU CONTE : HISTOIRE DE MOUCHERON]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2208.
lundi 26 juin 2017
Conte: Histoire de Moucheron (Partie XII)
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